Rythmes scolaires : les professeurs parisiens font grise mine

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• ◦Par Marie-Estelle Pech ◦Publié le 10/05/2016 à 06:00

L‘objectif de la réforme n’a pas été atteint aux yeux de 98% des enseignants, qui jugent les enfants plus fatigués qu’avant.

Trois ans après son entrée en application, les professeurs des écoles parisiens n’ont toujours pas accepté la réforme des rythmes scolaires. Pour 98% des 800 professeurs interrogés, issus de 243 écoles, les objectifs de la réforme ne sont pas atteints, affirme le Snuipp-FSU. Historiquement opposé à cette réforme, le syndicat d’enseignants dévoile ce sondage réalisé cet hiver.

À Paris, cette réforme s’est traduite dans les écoles publiques par le retour au mercredi matin travaillé en primaire et en maternelle. Et par la mise en place d’activités périscolaires organisées par des animateurs extérieurs à l’école, le mardi et le jeudi après-midi, à partir de 15 heures. Les élèves sont plus fatigués, moins disponibles pour les apprentissages, leur comportement s’est dégradé, expliquent en substance les professeurs interrogés. Les résultats sont «accablants» pour Jérôme Lambert, reponsable local du syndicat.

«Loin d’améliorer les conditions d’apprentissage des élèves, cette réforme a également dégradé les conditions de vie personnelle et professionnelle des enseignants», insiste-t-il. Ils sont près de 94% à se dire «plus stressés et plus fatigués». Pour 54%, la réforme s’est aussi traduite par une augmentation de leurs dépenses financières avec, notamment, leurs enfants à faire garder le mercredi matin. Car si Paris fait travailler les enfants ce jour-là, ce n’est pas forcément le cas des villes avoisinantes dans lesquelles beaucoup d’enseignants résident.

Des élèves surmenés, excités

Les objectifs assignés à la réforme, imposer un meilleur rythme scolaire, n’ont pas été atteints aux yeux de 98% des enseignants. «La majorité des élèves vivent un temps de collectivité de 40 à 45 heures par semaine», dénoncent certains, quand d’autres affirment que «les élèves en difficulté sont les plus pénalisés par les changements d’adultes référents et les différents langages tenus dans l’école».

Pour 97% d’entre eux, les élèves sont aussi «plus fatigués». «Les enfants sont surmenés, surexcités» détaille un enseignant. Autre conséquence, «les conditions d’exercice du métier sont très dégradées car l’enseignant n’est plus le référent unique dans l’école. Il est très dévalorisé», explique une enseignante. Pour elle, comme pour 94% des personnes interrogées, les conséquences de la réforme des rythmes sur les conditions d’exercice du métier sont «négatives». D’autant plus que les «élèves sont moins disponibles et moins attentifs à la parole de l’enseignant qui est noyée parmi celles des autres adultes.»

Les relations avec les autres adultes intervenant dans l’école «se sont considérablement dégradées au point qu’un tiers des réponses font même cas de conflits ouverts ou tensions graves», afffirme le syndicat. L’occupation des classes et les règles différentes appliquées par le périscolaire sont les premières raisons invoquées. Le partage du matériel est également une raison qui revient régulièrement.

Les relations avec les parents sont aussi devenues difficiles pour deux raisons: les enseignants ne peuvent rencontrer les parents non disponibles à 15 heures. Les rendez-vous sont donc bloqués uniquement sur les lundis et jeudis. La confusion entre le périscolaire et le scolaire est l’autre raison invoquée: les enseignants et directeurs sont régulièrement obligés de faire l’interface avec le périscolaire en cas de conflit. Sans surprise, le SNUipp-FSU «demeure opposé à une réforme mal pensée et revendique sa réécriture».

Marie-Estelle Pech (Le Figaro)

Et dire que la nouvelle Municipalité de Montauroux a signé pour trois ans .

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